Visite de chantier à Fianarantsoa

 Cette fin de janvier 2017 et début février, Sr Geneviève Huez est retournée à Madagascar pour vérifier l’état de la maison. Quelques petites modifications et réparations ont été nécessaires pendant ses 3 semaines de présence sur place. Dans l’ensemble la structure est correcte. Lire son témoignage.

« En cette période cyclonique, le paradoxe a voulu que j’arrive dans un pays qui souffre de la sécheresse inhabituelle, plus d’eau dans les rivières avec de nombreuses conséquences à commencer par la culture du riz qui a manqué d’eau, cette nourriture de base va manquer considérablement. Par ailleurs l’énergie hydroélectrique était au ralenti, les groupes électrogènes défaillant ou manquant de carburant ce qui provoque de très nombreuses heures de délestages journaliers provoquant une paralysie de l’économie locale. Sans courant, les machines des artisans ne peuvent plus fonctionner, les petits commerçants cyber-informatiques ne peuvent plus offrir leur service, sans compter les nombreuses coupures inopinées qui fragilisent tous les appareils électriques. 10 jours après mon arrivée, les orages de fin de journée ont commencés à gronder et à apporter la pluie tant attendue. Les 2 grosses citernes ont été remplies en peu de temps.

La communauté des sœurs n’a jamais manqué d’eau, contrairement au voisinage, grâce aux 2 citernes enterrées qui ont une capacité de près de 30 m3 utiles. Evidemment, il fallait jongler un peu pour faire monter l’eau dans le château d’eau au moment où il y avait de l’électricité, à l’aide de la pompe qui en temps normal fonctionne automatiquement. En matière d’eau chaude produite à l’aide d’un chauffe-eau solaire, les sœurs l’apprécient beaucoup surtout en hiver lorsque la température à l’intérieur de la maison avoisine les 14°C. Ceci a un coût certes, mais sans électricité, l’eau chaude est produite naturellement par le soleil. Pour ne pas mentir, toutefois, ce type de chauffe-eau solaire a besoin de courant pour brasser l’eau dans les conduits et ouvrir une électrovanne à des horaires précis dans la journée pour le remplissage, elle fonctionne en 12 volts et demande peu de puissance.  Donc un onduleur d’ordinateur ayant une réserve électrique suffisante fait l’affaire en cas de nécessité. Le soir, une batterie de voiture est une bonne alternative pour un minimum d’éclairage dans la cuisine et le temps du repas. On peut dire qu’encore une fois on a la chance d’avoir tous ces moyens techniques pour pallier aux manques. C’est un luxe pourrait-on dire à côté de ceux qui n’ont rien.

La communauté est composée de 4 sœurs dont 3 françaises. L’une donne, entre autres, du temps pour l’apprentissage du français aux jeunes filles qui aspirent à la vie religieuse et qui côtoient la communauté à proximité de la maison, une autre est aussi chargée avec elle, entre autres choses, d’assurer une présence quotidienne à la maison et les nombreux travaux ménagers. Une autre sœur française, infirmière, donne des soins dans un dispensaire pour soigner en particuliers de nombreuses plaies chez les enfants et les adultes sans compter tous les petits soins à prodiguer sur les personnes qui ont très rapidement apprécié la présence de ce dispensaire sur le quartier, avec la collaboration d’une coopérante française médecin, vivant à proximité. La quatrième sœur, ivoirienne, travaille le matin dans un jardin d’enfant dans une école voisine appartenant aux sœurs salésiennes et 3 après-midi par semaine elle va dans un foyer crée par une association française pour s’occuper de « jeunes filles en détresse » : des prostituées très jeunes. Elle est chargée aussi de suivre les jeunes filles Malgaches qui côtoient les sœurs dans leur réflexion et discernement pour la vie religieuse. Il y a près d’un an maintenant, la communauté organise des bibliothèques de rue les mercredi et samedi après-midi dans 2 quartiers proches de la maison. Education à l’hygiène d’abord en lavant les mains des enfants avant chaque séances et apprentissage de la lecture ou jeux éducatifs. Très rapidement le groupe d’enfants s’est étoffé. Cette description n’est pas exhaustive, évidemment, les sœurs sont très occupées dans de multiples tâches quotidiennes et souvent imprévisibles.

En ce qui concerne ma mission initiale de suivi du chantier de construction, je suis satisfaite et très heureuse de pouvoir habiter cette maison confortable pendant 3 semaines, elle était presque achevée à mon départ en décembre 2015. La chapelle sert chaque jour pour les temps de prières communautaires, la messe le mercredi matin est ouverte aux personnes extérieures ; elle est aussi un espace de silence et de prière personnelle.

 Sr Geneviève HUEZ

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