Me voici, envoie-moi

Je m’appelle Anne Mai Tham, je suis religieuse dans la congrégation de la Providence de la Pommeraye. J’ai fait ma première profession il y a cinq ans de cela, toutefois cela fait dix ans que j’ai fait mon premier pas dans la congrégation pour un temps de discernement et de formation.

J’ai fait la connaissance de la congrégation quand j’étais au lycée par l’intermédiaire d’une sœur vietnamienne. Cette sœur est venue dans ma paroisse dans le cadre de l’éveil vocationnel, présenter la congrégation de la Providence aux jeunes. Ce qu’elle disait rejoignait ma recherche d’orientation de vie, mais je me donnais d’abord comme priorité d’avoir mon Baccalauréat avant de me lancer. J’avais besoin de ce temps aussi pour réfléchir et murir mon choix car déjà toute petite, je nourrissais déjà le désir d’être religieuse.

Les différentes congrégations implantées alentour de ma paroisse organisaient souvent des weekend pour l’éveil vocationnels destinés à des adolescents et des jeunes. J’ai pris part à certaines propositions pour mûrir mon désir de suivre le Christ dans la vie religieuse. Par exemple, à l’âge de 12 ans, j’ai participé à un weekend vocationnel organisé par les sœurs Aimants de la Croix et quand j’avais 16 ans je suis allée chez les sœurs de Vincent de Paul. Toutefois, je ne me sentais pas dans ces congrégations. Une fois le Bac en poche, j’ai pris le temps de discernement de ma vocation en me faisant accompagner spirituellement. Mon accompagnateur spirituel et le curé de ma paroisse m’ont beaucoup aidée dans ma recherche. J’ignorais par contre que cette recherche pour consacrée ma vie au Christ me mènerait jusqu’en France.

D’étape en étape, j’ai pris conscience le Seigneur est avec moi, que sa main est posée sur moi et qu’il ne m’abandonne pas. Je peux dire que je suis heureuse dans mon choix de vie à la suite du Christ dans la congrégation des sœurs de la Providence de la Pommeraye. J’ai été attirée par la proximité et la simplicité avec lesquelles les sœurs de la Providence vivent leur mission. C’est cette manière spécifique de vivre qui m’a touché lorsque j’ai commencé à cheminer dans la congrégation. Lorsque j’étais novice, j’ai découvert que le l’importance du silence et la place qu’il doit occuper dans notre vie quotidienne. La Congrégation est de la spiritualité du Carmel. Au Carmel, le silence rythme la vie, il ouvre la possibilité de la présence à l’autre et au Tout Autre. Après ma première profession religieuse, je prends progressivement ma place dans la congrégation et je découvre  qu’elle est attentive au bien être humain et spirituel de la personne. Je suis touchée par la présence et l’écoute qui permettent de grandir humainement.

Cette phrase que nous aimons dire de notre fondatrice résume l’essentiel de ce que je viens de dire « Simple dans sa vertu – Forte dans son devoir- Elle ne vit que pour Dieu ».

Dans ma vie de jeune sœur, je me laisse rejoindre par ce thème de l’envoie « Va, je t’envoie ». il m’invite à être disponible pour la mission. Je me dispose à accueillir l’envoi en mission que mes responsables me donneront.  « Ma vocation c’est l’amour » dit sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. A sa suite, je souhaite que mon cœur s’élargisse à l’universel.

 La communauté du Viêt Nam travaille auprès des enfants pauvres, mal aimés. Elle est attentive aussi à venir en aide aux personnes âgées isolées, aux personnes rejetées par la société…A la suite de saint Thérèse d’Avila, je demande au Seigneur de nous donner assez d’audace pour dire avec la bien aimée du cantique des cantique : « Je parcourrai la ville pour chercher Dieu ». J’en suis convaincue, c’est à travers tous ces visages que nous rencontrons le Christ.

En juillet 2014 au Vietnam, j’ai participé à une mission éducative d’un mois dans le sud du Mékong. Cette mission a été, organisée par le curé de notre paroisse. Nous étions une équipe constituée d’étudiants et de jeunes religieux et religieuses. Ce fut pour moi une expérience riche de découvertes auprès des enfants pauvres et mal aimés qui ont des difficultés de scolarisations. Ils ont besoin d’être guidé dans leur chemin de foi par des adultes. A travers cette expérience, j’ai pris conscience que beaucoup de personnes nourrissent le besoin de découvrir la parole de Dieu. Elles souhaitent avoir une éducation religieuse.et une initiation à la prière. La présence de la vie religieuse est importante car elle essaye de répondre à ces besoins pressants de la population. Je peux dire avec l’évangéliste : « La moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux ; prions donc le maître de la mission d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » (Mt 9,37).

Je suis présentement en France pour des études en théologie. Cette formation est une aide sur ma route pour que j’enracine ma foi en Christ. Elle me permettra aussi d’avoir des mots pour parler de Dieu avec les autres. En plus de mes études, dans la mesure de mes possibilités, j’essaie de donner un peu de mon temps à la vie de la paroisse où est insérée ma communauté. Je participe aux activités l’aumônerie des étudiants. Je continue aussi ma formation religieuse dans la congrégation en vue de mon engagement définitif. Ce sera pour moi un engagement de vie qui m’invite à dire « oui » chaque jour de ma vie.

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